Albert Boghossian, fondateur de Bogh-Art à Genève, Londres et Hong Kong

Descendant d’une famille de diamantaires arméniens installés au Liban, Albert Boghossian a choisi Genève pour lancer sa marque. Bogh-Art est prèsent à Genève, Londres et Hong-Kong.

Albert Boghossian est né à Alep en Syrie mais a vécu toute son enfance au Liban, dont il a la nationalité.

Après trente années dans le négoce de pierres et de conception de bijoux au service des plus grandes marques, Albert Boghossian a décidé de lancer sa propre entreprise…

Albert Boghossian 53 ans, est avec son frère Jean -63 ans- la troisième génération des Boghossian dans la joaillerie. La famille est dans le bijou depuis plus de 100 ans, Le jeune entrepreneur Albert nous reçoit dans son bureau au bord du Rhône.

J’ai choisi Genève pour m’installer en 1980 car à l’époque, Genève était la place émergente dans le commerce des pierres précieuses. Fin des années septante, j’ai quitté Beyrouth qui était en pleine guerre civile. J’hésitais entre New York et Genève pour m’installer. J’ai finalement choisi Genève car les deux places dominantes dans le commerce des pierres : Paris et Rome commençaient à décliner. Les taxes multiples que les gouvernements de l’époque ont imposé, ont ralenti le business pour ces places fortes. Ce qui a permis l’émergence de Genève comme nouveau pôle commercial pour les pierres précieuses et la haute joaillerie. Je suis arrivé à ce moment-là.
Genève est aussi situé idéalement : au carrefour de l’occident et de l’orient. Près de tout. De la Russie, du Moyen-Orient… La Suisse est tellement bien placée…

D’abord grossiste dans le diamant et les pierres précieuses, Albert sillonne avec son frère Jean, le monde entier pendant des années. En l’espace d’une décennie, les frères Boghossian se forgent une réputation d’experts dans le métier.

J’ai grandi dans le culte de la pierre précieuse. C’est un métier magique qui ne s’apprend pas tellement. La meilleure école est celle de l’expérience. Et quand on a la chance d’être né dans la marmite, comme moi, c’est plus simple.

Albert commence son expérience très tôt. A 18 ans, il quitte Beyrouth et sa famille pour faire un stage en Inde dans la taille d’émeraudes. Le jeune apprenti sera à jamais marqué par l’esprit Mughal, cet art indien de l’incrustation dont le Taj Mahal est l’emblème le plus connu. Il fera de la « marqueterie bijoutière » une de ses spécialités. Incrustation de diamants dans le bois, superposition de diamants de plusieurs tailles, Albert Boghossian pousse toujours plus loin son expérience.

Ce tour de cou a necéssité 16 mois de travail. Il est une des premières pièces Inlay réalisées par Bogh-Art

Au fil des ans, j’ai eu la chance de rencontrer de grands collectionneurs privés. On faisait des dessins exclusifs pour eux, avant de réaliser des bijoux d’exception. C’est une chance d’avoir pu travailler avec ces grands collectionneurs car ils nous ont poussé en avant, nous ont fait avancer. C’était des royautés arabes et des grands businessmen asiatiques. Je travaillais directement avec eux sur des pièces uniques et des commandes extraordinaires. Ce fut une décennie d’expansion pour nous (1990-2000) où nos clients nous poussaient à nous dépasser et nous aidaient à avancer. Je leur dois beaucoup. J’ai beaucoup muri dans mon travail à cette période.

Bogh-Art s’est spécialisé dans l’art Inlay où l’art de l’incrustation dans la joaillerie.

La plus belle vente du joaillier date de 1997 : c’était un diamant rose de 20 carats vendu 30 millions de francs à un collectionneur asiatique. Un diamant du Brésil, pierre d’exception qui vaut aujourd’hui environ quatre fois plus (120 millions CHF).

Les pierres précieuses sont le 2ème investissement diversifié après l’art contemporain. Un diamant rose ou bleu acheté en 1982 peut valoir jusqu’à 20 fois plus aujourd’hui (s’il est de très bonne qualité).

Albert Boghossian est un perfectionniste et un travailleur acharné. Il revendique son histoire familiale mais aime aussi bousculer les traditions. « Je déteste ce qui est figé. J’aime remettre les choses en question et bouger pour avancer ». En 2008, il se sent enfin prêt à lancer sa propre marque de bijoux : ce sera Bogh-Art.

Malgré des ventes confidentielles (500 pièces par an), Bogh-Art continue son développement en se lançant fin 2013 sur des marchés clés : la Grande-Bretagne et Hong-Kong.

Nous sommes un peu les maitres de la complication de la haute-joaillerie. Nous ne faisons pas de volumes mais des pièces rares.

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