Généalogiste successoral : un métier d’avenir

Métier mal connu, sans écoles ni diplômes officiels, la profession de généalogiste successoral est pourtant en plein développement en Suisse. La recherche d’héritiers n’est pas tant portée par les banques et leurs fameux « fonds oubliés », que par les fortes mutations de la famille et de la société. L’application de la nouvelle loi en Suisse sur les fonds bancaires en déshérence (prévue au 1er janvier 2015) pourraient faire progresser ce petit marché…

Cet article a été publié dans le quotidien suisse Le Temps le 14 mars 2014. Lisez l’intégralité de cet article ici ou encore ici et .

« Qui peut aujourd’hui citer le patronyme de ses huit arrière-grands-parents? Il y a encore quarante ans, les gens bougeaient peu. Aujourd’hui, tout le monde voyage et peut se marier plusieurs fois. Cela engendre des changements de vie. Dans les années qui viennent, notre activité va exploser. »

Micheline Beuque est sûre d’elle. Epaulée par deux généalogistes basés en France, elle dirige à Genève la petite antenne suisse de Coutot-Roehrig, le leader français de la généalogie successorale. Ces professionnels recherchent les héritiers et certifient les liens familiaux lors de successions «vacantes» ou incertaines.

Installée depuis 2010, Coutot-Roehrig n’est pas le dernier cabinet arrivé sur le marché. En 2011, LMD Search a ouvert ses bureaux au Bouveret (VD). Fin 2012, c’est Swiss Genealogy Agency qui se lançait au cœur de Genève. «On les voit défiler chez nous. Nous sommes leur premier outil de travail», commente Roger Rosset, le responsable adjoint des Archives à l’Etat de Genève. Incollable sur la généalogie et l’histoire de la Suisse, il ­confirme l’essor du métier:

Les généalogistes amateurs et professionnels représentent un tiers de nos consultations. C’est beaucoup. Pourtant, en Suisse, l’état civil fonctionne mieux qu’ailleurs, grâce au principe de la commune d’origine.

Quel que soit l’endroit où un Suisse déménage, se marie ou décède, les données sont transmises à la commune d’où sa famille est originaire. Les descendants d’une même famille suisse sont de facto «tracés» par les communes et les successions en sont simplifiées. C’est sans doute pour cette raison que le métier de généalogiste successoral a tardé à s’implanter en Suisse. Les mutations de la société, l’immigration, la mobilité, les évolutions de la famille – divorces, remariages… – expliquent le développement récent de cette profession.

Sogeni est le doyen des généalogistes successoraux en Romandie. Basé à Vevey dans le canton de Vaud, il fête cette année ses 20 ans. «Notre métier est très atypique, explique Eric Delangle, son patron. On nous compare souvent aux détectives privés, ce que nous ne sommes pas. Nous travaillons toujours dans la légalité [allusion à des dérapages qui ont eu lieu dans le cadre d’enquêtes de privés, -comme récemment à Genève-, et notre métier est très réglementé.» Des règles certes, mais pas de diplômes ni d’école reconnue. Les généalogistes sont formés sur le tas et développent leurs compétences à travers leur expérience. Les stages font office de formation.

Tableau généalogique de recherche successorale, avec degré de parenté. D’après Coutot-Roehrig.

L’intégralité de cet article est à lire sur le site internet de Le Temps.

Bonne lecture !

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