Les jeûnes détox : de 0 à 1500 calories…

Les différents types de jeûne

 

Entre le jeûne intégral et une alimentation équilibrée (autour de 2000 calories), il y a plusieurs types de jeûnes. En voici quelques-uns, tous détox… 

De 1500 calories par jour à 1000 calories, on parle de « restriction calorique » ou de régime hype-calorique. En dessous de 1000 calories, il est interdit -en Allemagne notamment- de commercialiser des repas (pour la journée) considérés comme insuffisants sur le plan énergétique et nutritif. C’est pour cette raison qu’avec une alimentation à 800 calories par jour, la clinique Buchinger-Wilhelmi, leader européen du jeûne médicalement encadré, parle de « jeûne modifié ». Le processus de détox fonctionne déjà bien avec 800 calories, on perd du poids, on se nettoie, à condition de manger surtout des végétaux, aucun sucres ajoutés ni excitant (pas de café, pas d’alcool…).

En dessous de 800 calories, nous entrons dans les « fameux » jeûnes autour de 500 calories par jour, popularisés dans les années 70 et 80 avec les substituts de repas (sous forme de sachets). Aujourd’hui, les « cures de jus » à base de jus de légumes et de fruits ont détrôné les subtituts de repas dans cette catégorie : les cures de jus souvent qualifiées de « détox » apportent en moyenne 500 calories par jour.

Arrive ensuite le jeûne strict, médicalement encadré, comme il est pratiqué à la clinique Buchinger-Wilhelmi : 200 calories par jour contenues dans une petite soupe le soir et des tisanes et bouillons dans la journée. C’est très peu, mais à la question  : a-t-on faim quand on arrête de manger ? La réponse est non. Que ce soit à 800 calories, 500 ou même 200 calories par jour, l’estomac une fois au repos, ne réclame rien. Moins on mange, moins on a faim. Une fois en état de jeûne, le corps consomme ce qu’il trouve à l’intérieur des tissus en commençant par ses propres déchets, les cellules endommagées, puis les graisses que nous stockons tous. Il entre en état de cétose, en consommant ses propres graisses. La nouvelle diète très à la mode en ce moment : le régime cétogène ou LCHF (Low Carb, High Fat), repose sur cette mécanique d’affamer les cellules en glucose (on arrête les glucides, tous les sucres mais aussi les féculents comme le riz, les pates…) et on augmente considérablement les lipides. Mais revenons aux jeûnes alimentaires…

L'américain A.Barbieri avant son jeûne
L’américain A.Barbieri avant son jeûne.

Tout en bas de l’échelle calorique, on trouve enfin la forme extrême du jeûne, surnommée jeûne intégral ou encore « Water Fasting » : ici aucune nourriture, uniquement de l’eau. Quelques mystiques sont réputés avoir pratiqué un tel jeûne, notamment le patron de la Suisse : Saint Nicolas de Flue qui aurait vécu 19 ans en mangeant uniquement une ostie par jour au 15 ème siècle. Difficile à vérifier aujourd’hui. « Cette forme extrême de jeûne est toujours liée à une dimension spirituelle très forte, comme chez le mystique indien Prahlad Jani » commente Françoise Wilhelmi, directrice de la clinique Buchinger-Wilhelmi et grande spécialiste des jeûnes thérapeutiques.

Le même A.Barbieri devant son 1er repas après plus d'une année de jeûne
A.Barbieri en 1966 devant son 1er repas après plus d’une année de jeûne et 134 kilos en moins.

En 1966, le cas Angus Barbieri a attiré l’attention médiatique et scientifique. Ce patient américain, atteint d’obésité morbide, a survécu 392 jours sans manger aucun aliments solides et sous surveillance médicale. Ses médecins lui donnaient uniquement du café et des suppléments en vitamines. Il a perdu 134 kilos et guéri de son obésité.

Plus récemment encore, Roy Walford, scientifique américain spécialiste de la longévité et auteur de nombreux livres sur la restriction calorique, s’est fait connaître en s’enfermant pendant 2 ans entre 1991 et 1993 dans Biosphere 2, un éco-système totalement clos et auto-suffisant dans un but de recherches autour de la colonisation spatiale. Roy Walford était le médecin d’une équipe de 8 personnes : tous ont expérimenté la restriction calorique (20% de calories quotidiennes en moins) sur une longue durée (plus d’un an). Après prélèvement, les scientifiques ont observé qu’à l’issu de cette longue période de restriction calorique, 45% des cellules du foie de Roy Walford, s’était « auto-régénérées ».

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