La neuro-nutrition : dopez votre cerveau !

Virginie Terrier, nutritionniste, dirige Efficium, clinique du mieux-être à Genève, qui rassemble 15 thérapeutes et médecins autour de la nutrition et de la gestion du stress en entreprise.

Quel lien faites-vous entre alimentation et performance au travail ?

V.T : L’alimentation est directement liée à la performance au travail. Souvent les gens pensent qu’on va leur dire des banalités du type : « mangez des légumes » ou « mangez équilibré ». En fait, on leur explique le schéma du stress, lequel est alimenté par des neurotransmetteurs dans le cerveau, eux-mêmes construits par ce que nous mangeons. Pour résumer, si on mange mal, c’est à dire trop sucré et trop gras, on est plus faible en situation de stress et on arrive facilement à un état d’épuisement. Si on mange bien, on résiste mieux et on est surtout plus performant.

Et qu’est-ce que « bien manger » au travail, selon vous ?

V.T. : Bien manger, c’est prendre suffisamment de micronutriments (acides aminés, vitamines) qui vont booster notre système immunitaire, et notre capacité neuronale. Notre approche se base sur la neuro-nutrition, une branche récente de la micro-nutrition. L’idée est d’aider les neurotransmetteurs, les molécules qui transmettent les messages d’un neurone à l’autre, à mieux fonctionner. A travers l’alimentation, on travaille sur 3 neurotransmetteurs : la noradrénaline, la sérotonine, et la dopamine qui est impliquée dans la motivation et le démarrage de la journée.

Aviez-vous remarqué que la noix rappelle la forme du cerveau ?

Concrètement, quels sont vos conseils alimentaires ?

Mangez plus de protéines le matin et surtout moins de glucides. Avec les protéines, on augmente son attention et sa concentration car on augmente la dopamine et la noradrénaline. Si on inverse ce ratio en consommant plus de glucides le matin, on a un effet relaxant et calmant. On se sent calé mais on diminue la concentration et on augmente sa vulnérabilité au stress. Je recommande donc de fortement protéïner le petit-déjeuner (œufs, fromage blanc, ou protéines végétales). Le midi, encore des protéines avec des légumes. L’après-midi, les choses s’inversent, il faut plus de sucres. Au gouter, je conseille des aliments naturels comme

les fruits ou les baies très riches en micronutriments (airelles, myrtilles…). Et le soir des céréales et sucres lents relaxants pour nous préparer au sommeil.

 

Avec ce type d’alimentation, vous observez des résultats chez les salariés ?

V.T : Oui, les salariés se sentent plus dynamiques, moins sujets à l’endormissement. La plupart consomment un petit-déjeuner trop sucré. Le sucre apporte une énergie immédiate mais peu utile au cerveau. Quand on commence la journée avec croissants, jus d’oranges, confiture et café sucré, on est en hypoglycémie deux heures plus tard. On se sent fatigué en milieu de matinée et à midi, on se jette encore sur les sucres (lents ou rapides), et on recrée encore de la fatigue après le déjeuner. C’est un cercle vicieux.

Cette interview a été publiée dans le quotidien Suisse Le Temps .

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