La voix des candidats. Mode d’emploi…

Cet article a été publié dans son intégralité dans le quotidien Suisse Le Temps le 12 septembre 2014.

De plus en plus d’entretiens préalables au recrutement se font par téléphone; un moment ou les recruteurs passent au crible les dits et les non-dits des candidats. Comment les recruteurs font-ils pour démasquer les fraudeurs de CV et les menteurs ?

L’investigation et la recherche de vérité sont la spécialité de Nick Day. Cet ancien espion des services secrets britanniques s’est installé à Genève en 2008 pour y lancer Diligence, son entreprise de renseignement économique. En 2013, 30% de son activité provenait de la vérification de Curriculum Vitae de candidats; ce qui représente 200 analyses de par an. Diligence intervient également à la demande de futurs employeurs en interrogeant les candidats par téléphone. La technique d’interview de Nick Day, issue des méthodes du renseignement militaire et des travaux en psychologie comportementale, vise à identifier si un candidat ment. L’issue de la discussion peut être professionnellement fatale: elle disqualifie les imposteurs.

« Il y a 3 façons de savoir si un postulant ne dit pas la vérité: nous écoutons d’abord le ton de la voix. Puis le type de mots utilisés et enfin la façon dont le candidat va essayer ou non, d’influencer l’entretien». Au téléphone, Nick Day détecte les petits et les grands signes de mensonges: « Nous commençons toujours nos interviews dans un style très décontracté, pour sentir la voix normale du candidat, avant de passer aux questions difficiles. Quelqu’un de stressé a une voix qui part dans les aigus. Une respiration bloquée après une réponse, est aussi un signe de stress, tout comme quelqu’un qui avale sa salive après avoir parlé. »

Nick Day dans les locaux de Diligence, son agence de renseignement économique à Genève. Photo F.LaverrièreA l’autre bout du fil, la construction des phrases et le choix des mots sont finement analysés, à chaud, par les enquêteurs de Diligence. «Quand les mots sont détachés et les phrases peu liées, c’est un indicateur de mensonge. Si en plus, le candidat prend ses distances avec la question, on est alors dans une expression caractéristique de dissimulation,» explique Nick Day. Et le spécialiste de citer Bill Clinton, déclarant à la télévision à propos de Monica Lewinski: «Je n’ai pas eu de relation sexuelle avec cette femme». «Chaque mot était détaché, il parlait de sa maîtresse», ajoute-t-il.

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