Les Chutes Victoria en Majesté…

« Les Chutes Victoria » est le 1er d’une série de billets sur mes voyages. Ces escapades, parfois lointaines et parfois proches, sont pour moi l’occasion d’écrire un « mur de réflexion » autour de thèmes (nouveaux pour moi) comme la mondialisation ou l’art dans un esprit « Lifestyle »… Avec toujours en toile de fond, le business et les entrepreneurs. On ne se refait pas.

Cet article « Sa Majesté Victoria » a été publié par Bilan LUXE en novembre 2013.

Les Chutes Victoria avec au premier plan la ligne de chemin de fer construite au début du 20ème par les britanniques.

Il y a bien longtemps que les chutes Victoria sont sorties de l’anonymat. Inscrit au patrimoine mondial de l’humanité en 1989, le site, jusqu’ici prisé des anglophones est désormais boudé par sa clientèle historique. L’occasion pour les européens de redécouvrir une destination splendide qui fait de l’environnement et de la nature sa priorité…

Ils se sont levés tôt ce matin pour leur dernière sortie sur le Zambèze. Rassemblés près de l’embarcadère, ils sont quinze, entrepreneurs et managers venus d’Espagne, d’Italie, de France et de Suisse. Cette sortie à la « Devil’s Pool » sera inoubliable, ils le savent déjà. Ce n’est pas tous les jours qu’on nage au sommet des Chutes Victoria, dans un des plus beaux endroits du monde. Logée le long des « grandes chutes », cette marmite naturelle permet de se baigner sans risques. Ces chefs d’entreprises ont eu raison d’aller nager, ils en reviennent chargés d’adrénaline, les photos sont aussitôt sur Facebook.

Départ matinal pour la « Devil’s Pool » (la piscine du diable) une marmite naturelle au sommet des chutes où on peut tenir à 16.

Si David Livingstone avait eu un appareil photo, il aurait sans doute fait la même chose. L’explorateur écossais cherchait la source du Nil quand il a découvert ce site de « la fumée qui gronde ». A l’époque (en 1855), il n’y avait ni frontières, ni pays. Le Zambèze était déjà ce fleuve puissant, refuge d’animaux sauvages qu’il est resté.

Cette région intérieure d’Afrique Australe qui fut un temps la Rhodésie, est aujourd’hui le point de rencontre de trois pays récents : la Zambie d’un côté du fleuve, possède un tiers du terrain. En face, sur l’autre rive, le Zimbabwe est « propriétaire » majoritaire de deux autres tiers du site. Et le Botswana avec ses fabuleuses réserves d’animaux est à une heure de route au sud. Cette partition territoriale et l’histoire récente des trois pays, influencent considérablement le tourisme autour des chutes…

Pour rejoindre les Chutes Victoria depuis l’Europe, l’avion passe d’abord par Johannesburg… Illustration S. Dessert

Le Zimbabwe a longtemps été la référence des touristes anglo-saxons, mais le contesté Président Robert Mugabe a montré le mauvais exemple en plongeant son pays dans une grave crise économique et politique. L’ancienne colonie n’est plus ce qu’elle était. Depuis que le gouvernement du Zimbabwe intensifie sa politique d’« indigénisation », les investisseurs se détournent de cette destination mythique. Désormais, chaque étranger qui investit dans le pays, doit octroyer 51% de son capital à des zimbabwéens noirs. La crise du Zimbabwe a rebattu les cartes mais elle créé aussi de belles opportunités.

Les touristes du reste du monde, sont de plus en plus courtisés… Un privilège qui ne se boude pas.

Départ en Kanoë sur le Zambèze. 3h de balade sous haute surveillance, les croco et les hippo ne sont pas loin…

Pour un premier safari, nous conseillons généralement le Kenya ou la Tanzanie voisine. La Zambie et le Botswana sont plus sauvages, plus difficiles d’accès aussi. C’est une destination de connaisseurs et d’amateurs de nature. Cette destination donne la sensation d’un « séjour aventurier » mais avec toute la sécurité et le confort, nous explique Laure Mauron, spécialiste de l’Afrique australe…

Classé par l’Unesco, les Chutes Victoria sont un site très protégé. Les nombreux parcs nationaux et réserves animalières nous rappellent qu’ici, la première ressource est la nature. En août dernier, l’agence Mondiale des Nations Unies pour le Tourisme (155 pays membres) a tenu son assemblée générale aux Chutes Victoria. Cinq mille professionnels venus du monde entier ont fait le déplacement, relançant le référencement touristique du site. L’occasion pour la ville zambienne de Livingstone de rénover son aéroport et de faire bonne figure auprès des étrangers.

L’hôtel Royal Livingstone est niché au bord des chutes Victoria. Le site est peuplé d’animaux comme ces pachydermes qui traversent le Zambèze.

Pourquoi nos entrepreneurs européens ont-ils choisi le Royal Livingstone ? Cet hôtel est le dernier-né des 5 étoiles et le seul côté Zambie. Inauguré en 2002, sa situation est exceptionnelle. A seulement 300 mètres du canyon, longeant le Zambèze, on aperçoit la vapeur et la fumée des chutes depuis le jardin. En rentrant le soir, il n’est pas rare de croiser devant sa chambre, des zèbres ou quelques singes. Les animaux vivent en liberté dans le parc de cet hôtel où tout invite au voyage.

Dans le jardin du Royal Livingstone, les animaux sont en liberté. Cette photo reflète la réalité et la magie des lieux.

Après le survol des chutes en hélicoptère hier, aujourd’hui, c’est safari. Direction Chobe, au Botswana. Dans ce parc national réputé, le safari se pratique soit sur l’eau depuis un bateau, soit en 4×4 dans les terres. Dans tous les cas, la faune africaine est au rendez-vous : nous verrons des hippopotames, éléphants, buffles, girafes et antilopes… Et chance ce jour-là : un guépard fait la sieste, la paupière lourde dans un arbre. Le groupe rentre fatigué mais ébloui.

La « Big Picture » de Victoria Falls… Sensations garanties pendant le survol des chutes. On prend l’ampleur de ce site grandiose..

Parmi les vestiges de la colonisation britannique, il y a côté Zambie, le train à vapeur. Ce train des années 30, est à lui seul un voyage dans le voyage. Vingt à l’heure dans la savane, diner aux chandelles, verres en cristal et moquettes épaisses. La plate-forme arrière accueille les fumeurs, au coucher du soleil. C’est l’Orient express en version africaine. Les enfants nous saluent en souriant le long de la voie.

Le Royal Livingstone express, diner aux chandelles en regardant le bush au coucher du soleil… un voyage dans le voyage…

Pourquoi se sent-on à ce point en paix, dans un environnement pourtant sauvage et où les consignes de sécurité sont omniprésentes ? « L’Afrique australe a conservé cette culture du service, ce sens de l’hébergement et l’expérience du tourisme que les anglais leur ont transmis. Le mélange des deux cultures africaine et anglo-saxonne fonctionne ! » commente encore Laure Mauron. Dans un monde de plus en plus standardisé, les chutes Victoria offrent tous les privilèges d’une destination historique et « nouvelle ».

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