Faut-il encore manger du pain ? Comme les mexicains…

préparation de pate à painBilan, le magazine économique suisse auquel je collabore régulièrement, vient de publier une infographie très intéressante (voir ci-dessous) sur l’alimentation dans 22 pays consommant plus de produits industriels que de produits frais*. On y découvre que le pain est la 1ère source de protéines consommée -dans ces 22 pays industrialisés- devant les produits laitiers et devant les protéines animales (viandes et poissons).

Le pain source de protéines ?

Eh oui ! 100 grammes de pain contient en moyenne entre 8 et 9 grammes de protéines végétales (dont la célèbre protéine de blé : le gluten). A titre de comparaison, 100 grammes de viande rouge contient une moyenne de 23 grammes de protéines. On imagine donc que pour devenir la 1ère source de protéine dans l’alimentation, le pain doit être consommé en très grande quantité !

C’est ce que font les mexicains.

Le pain et la pâtisserie industrielle sont la base de l’alimentation d’une majorité de mexicains. Le Mexique compte 120 millions d’habitants et détient depuis 2008, le triste record du pays le plus obèse du continent américain avec 32,8 % des adultes obèses devant les Etats-Unis qui en comptent 31,8%.

Faut-il faire un lien entre la grande consommation de pain (surtout industriel) et le surpoids ?

Lauren BANDY analyste senior dans le domaine de la nutrition chez Euromonitor International, explique : « Au Mexique, les gens mangent tellement de calories avec les boissons sucrées et le pain, que le gouvernement a décidé de légiférer pour lutter contre l’obésité. Une taxe a été instaurée : tous les aliments qui contiennent plus de 275 calories aux 100 grammes ont été taxés de 8%. Mais le pain qui dépasse pourtant cette limite calorique, a échappé à cette taxation car cet aliment est l’aliment de base de la population aux bas revenus. C’est aussi l’aliment traditionnel auquel les autorités ne veulent pas toucher. »

La saga du groupe Bimbo illustre bien l’immense succès du pain au Mexique. Cette multinationale créée en 1945 est cotée à la bourse de Mexico. Avec 128 000 employés, Bimbo est devenue une institution en Amérique Latine. Elle commercialise 100 marques de pains et de pâtisseries industrielles dans le monde entier, pour un chiffre d’affaires de 14 milliards de dollars en 2014. Bimbo revendique d’ailleurs le titre de plus grande boulangerie du monde…

Mais cette brillante saga entrepreneuriale mexicaine cache aussi un problème sanitaire de 1er ordre : consommé en trop grandes quantités, les produits de la boulangerie tout comme les boissons sucrées ou les hamburgers, participent au développement du surpoids et des maladies chroniques non-transmissibles associées (diabètes, obésité, maladies cardio-vasculaires…).

Bimbo mériterait de faire l’objet d’un film au cinéma comme le récent et réussi « The Founder » qui raconte l’histoire de la création de Mac Donald. Ce film montre bien que dans les années 50, 60 et 70, les questions de diététique ou d’équilibre nutritionnel n’existaient tout simplement pas dans l’esprit des consommateurs ni dans les institutions.

Il a fallu attendre 50 ans d’expansion en continu de l’industrie agro-alimentaire et de l’alimentation transformée pour nous sentir aujourd’hui au pied du mur. Notre corps ne peut pas absorber des quantités astronomiques de nourriture transformée. Le pain c’est bien mais la diversité alimentaire et des quantités raisonnables de calories, c’est mieux !

* Cette infographie dont je reproduis un extrait ici, se base sur l’étude annuelle du Cabinet Euromonitor International dont les détails sont consultables ici http://blog.euromonitor.com/2016/10/nutrition-2015-research-bread-protein-alcohol-sugar.html

C.Nivez

 

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Le Bon Jus