Ueli Steck : dans la peau des « speed climbers »

En souvenir d’Ueli Steck, disparu le 30 avril 2017 au Népal, je relis son livre « SPEED ». Immense héros en Suisse et dans le monde de l’alpinisme, Ueli Steck avait fait du « speed climbing » sa spécialité. Voici ma chronique publiée à l’époque de la sortie en français de son livre « Speed » :

Quelle est la limite ? Les records de vitesse en montagne tombent les uns après les autres et le niveau sportif des alpinistes n’a jamais été aussi haut. « Speed » le livre du Suisse Ueli Steck vient d’être traduit en français. L’occasion de comprendre cette discipline élitiste et unique : le « speed climbing ».

Ueli Steck

Dans le milieu de la grimpe, on l’appelle « The Swiss Machine ». Le suisse-allemand Ueli Steck a porté l’escalade de vitesse à un niveau sportif jamais atteint. Son palmarès impressionnant est le résultat d’un entrainement dignes des plus grands athlètes. Musculation, tests d’ endurance, préparation mentale… avant chaque exploit, Steck se donne à fond et ne laisse rien au hasard. A propos de l’Eiger qu’il a grimpé 28 fois, l’alpiniste détaille dans son livre « Speed*», son programme d’entrainement qui le conduira à l’exploit en 2008 : l’ascension de la face nord de l’Eiger en 2h47minutes. A titre de comparaison, en 1938, il fallait 4 jours pour faire la même ascension. Le record de Steck sur l’Eiger a été battu depuis, par un autre Suisse, moins connu. Dani Arnold s’est emparé de la mythique face nord en 2h28. C’était en 2011, il n’avait que 27 ans.

Ueli Steck en escalade

Ueli Steck, ici en pleine ascension du Mönch dans les alpes Bernoises, grimpe en solo et sans corde.

Pour réaliser leurs exploits, les « speed climbers » sont physiquement surentrainés, grimpent en solo intégral (seul et sans corde) et partent le plus léger possible, sans équipement superflu. Mais d’où vient le « speed climbing » ? Pourquoi prendre autant de risques et grimper aussi vite en montagne ?

La vitesse en montagne ne date pas d’hier. Le « speed climbing » est un nom marketing posé sur une pratique vieille de 65 ans. Dans son livre, paru aux éditions Guérin, Ueli Steck détaille ses escalades de vitesse sur les trois grandes faces nord des Alpes : l’Eiger, les Grandes Jorasses et le Cervin. Steck rappelle qu’en 1950, une équipe de grimpeurs autrichiens avait gravi la face nord de l’Eiger en une seule journée (en 18h). C’était la première ascension de la face sans bivouac.

Il y a toujours eu des gens qui ont cherché à aller vite en montagne, pas forcément pour établir un record, mais par preuve de dextérité et de maitrise » explique Claude Gardien, montagnard et rédacteur en chef de Vertical Magazine. « Cette première ascension de l‘Eiger sans bivouac, a été un signal fort pour tout le monde, car ça voulait dire qu’on pouvait partir léger…

Speed : un livre de Ueli Steck

Le livre d’Ueli Steck le montre ici dans le sprint final au sommet de l’Eiger qu’il a gravi 28 fois!

Jean Troillet, alpiniste de légende, est un autre expert de la vitesse en montagne. Agé aujourd’hui de 66 ans, il vit près de Montreux. Il se souvient du sommet de l’Everest, qu’il a atteint en 1986 avec Erhard Loretan, en un temps record : 43 heures aller-retour.

Je pratiquais déjà les voies en « mode rapide » dans les Alpes. Pas pour le record mais parce qu’on avait l’orage aux fesses. On grimpait vite par sécurité pour échapper au mauvais temps. A l’Everest, c’était différent »…

Pour lire cet article dans son intégralité, consultez le site internet de Bilan & Bilan Luxe.

Cet article a été publié le 18 juin 2014 dans le magazine suisse Bilan Luxe en français et en allemand.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Le Bon Jus