Sucre : une vérité au goût acide…

Je sors d’une enquête sur les effets du sucre sur l’organisme qui sera bientôt publiée dans BILAN. J’ai menée cette investigation bien plus loin que je ne l’aurais imaginée, car je ne croyais pas ce que j’entendais, lisais et voyais. A chaque nouveau témoignage ou étude, j’en voulais toujours plus. Comme ces pauvres rats de laboratoires qui sont littéralement « drogués » au sucre, j’activais les demandes incessantes d’interviews espérant secrètement trouver un jour, un argument qui viendrait pondérer l’ensemble de mon enquête et surtout m’expliquer que non : l’humanité n’est pas stupide. Nous avalons des tonnes de sucres raffinés ou ajoutés dans nos aliments, qui empoisonnent lentement notre corps jusqu’à en tomber gravement malade ? Non… Ce n’est pas réel.

Malheureusement, le bouclage approche, je dois terminer la rédaction de mon article et la réalité des études est toujours là, sidérante. Je n’ai toujours pas trouvé un seul argument qui donnerait au sucre « libre » ou ajouté, un intérêt nutritionnel acceptable. Bien sûr, le sucre est un conservateur efficace pour les aliments de la grande distribution… Il donne du goût aux aliments. Evidemment, tout le monde aime les aliments sucrés (à commencer par les enfants). Les arguments économiques sont multiples. Les Etats-Unis ont inventé le « fructose de maïs » pour exploiter au maximum leur stock de maïs. C’était économiquement intelligent. Ce sucre artificiel (qui n’a rien à voir avec le fructose des fruits) s’est mis à inonder les plats et ingrédients manufacturés de nos supermarchés (les sauces, les saucisses, les ketchup, les soupes… ), jusqu’à saturer nos organismes. On peut égrener les cas de sucres ajoutés avec encore les sodas bien sûr, ou les céréales du petit-déjeuner. La situation sanitaire est devenue alarmante : les pays occidentaux sont englués dans une « épidémie » de diabète et d’obésité sans précédent, situation sanitaire dont le sucre « libre » (ajouté) est officiellement un (des) responsable(s). L’OMS Organisation Mondiale de la Santé l’a reconnu, en émettant une recommandation en mars 2015, de réduire l’apport en sucres ajoutés à 10% de la ration énergétique totale par jour et même à 5% si c’est possible.

Aux Etats-Unis, où les sucres ajoutés sont partout, la chimiste Dee Mc Caffrey a écrit un livre « The Science of Skinny ». Elle y compare avec minutie les processus de raffinement de deux substances chimiques : le sucre et l’héroïne. Tout comme la plante du pavot est transformée en opium, puis raffinée en morphine et finalement en héroïne, de la même façon, explique-t-elle, le jus de la canne à sucre est transformé en mélasse qui est à son tour raffinée en cristaux roux puis finalement en cristaux blancs. Dans les 2 cas, il y a de multiples « lavages » et récurage pour obtenir une substance chimique « qui n’a plus rien à voir avec la plante naturelle d’origine » écrit-elle ; les deux substances activent, preuves scientifiques à l’appui, les schémas de la dépendance chez le rat, et possiblement chez l’homme, avec des effets biologiques particulièrement nocifs sur l’organisme. La chimiste américaine voit dans le sucre «  l’héroïne légale de l’alimentation familiale. »

Je suis encore sidérée par ce que j’ai lu, constaté et entendu. Mais si vous avez des arguments prouvant que le sucre ajouté est bénéfique pour la santé, je suis toute ouïe. Mon article sera publié en kiosque à la mi-novembre…

Le Bon Jus